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Quelques jours ensemble, avant de repartir
👋 Bonjour à vous tous. Je suis rentré de Sumba il y a une dizaine de jours, pour une très bonne raison cette fois-ci: Flavie et Basile sont arrivés ici. Cela faisait trois ans que je ne l’avais pas vue et, croyez-moi, la retrouver m’a fait un bien fou. Pendant quelques jours, nous nous sommes retrouvés tous ensemble : Ayu, Sorai, Flavie, Elisa, Basile, Atha et moi.
Rien de spectaculaire. Simplement être ensemble, manger, discuter, rire, regarder Sorai faire le clown et profiter un peu de la vie. Quand on ne se voit pas souvent, ces moments deviennent justement extraordinaires. De vrais moments de pur bonheur.
Et puis, franchement, j’en avais besoin. Depuis le début de cette année, je suis pratiquement à plein temps à Sumba et je suis rentré très fatigué. Mon dos, qui me rappelle depuis longtemps qu’il existe, avait décidé, cette fois, de se faire entendre sérieusement. Maux de tête, fatigue, médecin, médicaments… disons que la machine demandait un peu d’entretien, elle aussi. Ça va mieux maintenant et, évidemment, je commence déjà à penser au retour qui aura lieu dans les prochains jours. Encore pas mal de choses à régler avant.
Le plus difficile, c’est qu’Ayu et Sorai ne pourront pas repartir avec moi tout de suite, simplement parce que nous n’avons pas de véritable logement à Sumba. Je vis dans une petite chambre et, lorsqu’ils viennent, nous nous débrouillons tous les trois dans les mêmes conditions. Nous ne sommes pas attachés au confort ; nous privilégions la qualité de notre vie sur place, mais avec un bébé de bientôt dix mois, il reste important d’avoir un endroit où vivre ensemble. C’est aussi pour cela que Rumah Kambera compte énormément pour nous personnellement. Le futur centre comprendra aussi un logement de fonction et notre rêve serait finalement assez simple : pouvoir vivre là où nous travaillons, tous les trois, au lieu de passer notre vie à nous séparer entre Java, Bali et Sumba.
Aujourd’hui, sur le plan financier, nous sommes encore loin de pouvoir dire quand ce sera possible, mais c’est une direction à prendre. Et pour notre famille, elle compte beaucoup. Dans quelques jours, le 13 octobre, j'aurai 60 ans. Je ne vais pas vous faire le coup de la grande crise existentielle, rassurez-vous, mais cela fait forcément réfléchir. Mes enfants sont adultes maintenant, et puis il y a Sorai, qui aura dix mois le 28 octobre et qui commence à peine sa vie. Je pense beaucoup au temps passé avec lui, avec Ayu, avec tous mes enfants, et à la manière dont nous pouvons organiser notre vie pour être davantage ensemble. Cela me travaille beaucoup, mais cela me motive surtout à chercher des solutions.
Et parmi ces solutions, il y en a une à quatre roues. Enfin… quand les quatre roues veulent bien fonctionner;-). Nous avons acheté une vieille Suzuki Jimny Katana de 1983 pour Ayu et Sorai. Elle a donc 43 ans, et elle les porte plutôt bien, même si elle aime nous le rappeler régulièrement. Avec l’aide de quelques amis et de personnes qui nous sont chères, que je remercie de tout cœur, nous l’avons pratiquement refaite du début à la fin : réparations, nouvelle peinture, équipement pour les pistes et une multitude de petites choses.
Nous étions persuadés qu’un jour elle serait enfin terminée. C’était très optimiste. Toutes les semaines, quelque chose casse. On répare un truc, on profite de deux jours de tranquillité, puis un nouveau bruit mystérieux apparaît quelque part. Cette voiture est devenue une véritable histoire mécanique sans fin. Mais justement, c’est probablement pour cela que je l’aime bien. Elle a une histoire, elle n’est pas parfaite, et surtout c’est un vrai petit 4x4. Elle partira avec nous à Sumba bien sûr.
Et puis il y a Sorai. Il va très bien. Il a reçu ses vaccins à neuf mois et poursuit tranquillement sa petite vie. Il ne marche pas encore, mais cela ne devrait plus tarder. En attendant, il galope à quatre pattes partout à une vitesse assez impressionnante. Mais sa grande spécialité, c’est la musique. Dès qu’il entend quelques notes, il danse. Il remue les fesses, secoue la tête au rythme, prend un air extrêmement sérieux et recommence à chaque nouvelle chanson. Franchement, nous sommes morts de rire.
Il sourit énormément, il rigole tout le temps et il remplit nos journées, et parfois nos nuits, de tout ce bruit joyeux qu’un bébé sait faire. Nous essayons simplement de lui offrir la meilleure qualité de vie possible. Nous nous réjouissons donc du jour où il pourra vivre avec nous à Sumba, bien plus près de la nature et de la vie que nous avons choisies.
Alors voilà un peu où nous en sommes aujourd’hui: quelques jours en famille, une vieille voiture qui refuse obstinément d’être terminée, un bébé qui danse, un anniversaire qui approche et beaucoup de questions sur la manière dont nous voulons vivre les prochaines années. Ce n’est peut-être pas très organisé. Mais c’est notre vie. Et nous sommes vraiment heureux.
Je vous embrasse tous très fort.
Alex avec Ayu et Sorai |