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Seize cartes à côté d’un stéthoscope
👋 Hello, c’est Alex. Comment allez-vous ? Je vous écris de Sumba Est. Trois semaines sans lettre. Ici, les journées se terminent souvent avant que j’aie le temps de les raconter.
Samedi 24 octobre, départ à six heures pour Bidi Hunga. Trois véhicules, trois heures de route, des médecins, des infirmières, une sage-femme et un pharmacien. Nous avons reçu une centaine de patients. Sur une table, près d’un stéthoscope, seize cartes illustrées en indonésien.
L’idée vient de Flavie (ma fille), infirmière aux urgences du CHUV. Eau propre, plaies, paludisme, alimentation, signes d’alerte : avec les patients, nous choisissons un ou deux gestes qu’ils peuvent réellement mettre en œuvre chez eux. Pendant ce temps, Erwin anime les discussions de prévention. Ces cartes ne remplacent ni les médicaments ni le médecin. Elles permettent simplement à la consultation de se poursuivre un peu après notre départ.
Car la question est là : que se passe-t-il quand nos camions repartent ? Nos agentes et agents Kawan Sehat restent dans les villages. Notre programme de soins primaires prend en charge près d’un millier de patients chaque mois. Les demandes augmentent, et les kilomètres aussi. Il faut apporter les traitements, suivre les dossiers et superviser les nouvelles agentes. Mais les médicaments se font rares et sont difficiles à acheminer. Financer cette continuité devient difficile. Sans fournitures, même une agente bien formée ne peut pas soigner correctement.
À Waingapu, de grands panneaux parlent désormais du dépistage du VIH et des déchets. Dans les villages, nous poursuivons les tests de paludisme et la prévention avant la saison des pluies. Cela rejoint notre étude sur le sepsis, une complication grave d’une infection, réalisée auprès de 1 001 ménages et 162 soignants. Parmi 998 ménages ayant répondu, 950 ne disposaient pas à la fois d’eau et de savon à l’endroit prévu pour se laver les mains. Kawan Baik doit publier d’ici une dizaine de jours notre second rapport, consacré à la méthode de terrain.
Nous présenterons ensuite ce travail aux autorités. L’ingéniosité, ici, consiste à relier ce qui paraît séparé : des réservoirs, la nutrition expliquée dès l’école, une plaie soignée tôt, une agente qui reconnaît les signes de gravité. Ce sont autant de pistes pour prévenir des infections et leurs complications. Il faudra en mesurer les résultats.
À Kawangu, le mur d’enceinte de Rumah Kambera est terminé. Cent camions de sirtu, environ 350 m³ de sable, de gravier et de terre sont arrivés. Cette semaine, une pelle mécanique doit travailler pendant deux jours pour répartir, niveler et tasser le tout. Mais aucun bâtiment n’est encore construit. Nous préparons le terrain pour une pharmacie, une petite salle de soins, un laboratoire et des espaces de formation. Sur notre nouveau microsite, vous pouvez suivre le chantier tel qu’il est réellement. Smart Energy Tech a proposé une installation solaire et le Rotary Club Beaulieu Côte d’Azur prépare un gala pour en financer la réalisation. Rien n’est installé pour le moment.
Et puis, une nouveauté : grâce à TranslatePress, notre site est désormais accessible en anglais, français, allemand et italien. Entre cinq et six millions de mots à traduire pour partager nos histoires plus largement. Merci à celles et ceux qui continuent de nous soutenir, chacun à sa manière. Ici, votre aide se transforme en médicaments, en carburant, en eau et en heures de formation. Le prochain départ est déjà à préparer.
Alex Pour toute l’équipe de Fair Future Foundation Sumba Est, Indonésie, le 29 octobre 2026 |