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On va bien. Mais j'ai beaucoup de choses en tête.
👋 Hello les amis, c'est Alex. Comment allez-vous ? Je vous écris de Sumba Est, où je suis revenu depuis trois semaines. Ici, ça va. On travaille énormément, les journées passent à toute vitesse et, comme souvent, il y aurait mille choses à vous raconter. Mais aujourd'hui, j'ai surtout envie de vous parler un peu de nous.
Ayu et Sorai me manquent terriblement. Et Solo aussi, bien sûr, notre chienne. Je suis entouré de monde pendant la journée, mais cela ne remplace pas le fait d'être avec les siens. Le 28 octobre, Sorai a eu dix mois. Dix mois déjà! À cet âge-là, quelques semaines représentent tellement de découvertes.
J'aimerais simplement être là plus souvent pour les partager, pour vivre des journées ordinaires avec lui et Ayu, sans devoir toujours compter les jours avant nos retrouvailles, ici ou ailleurs. Je regarde la photo de Sorai qui rit au milieu des bulles de savon, et je souris moi aussi. Il n'en faut pas beaucoup, parfois.
Sur le terrain, Rumah Kambera, notre futur centre socio-médical et communautaire, avance. Lentement. Peut-être même un peu trop à mon goût. Le mur d'enceinte est terminé, plus de cent camions ont apporté du sirtu pour préparer et niveler le terrain, et nous réglons peu à peu les détails techniques. Mais il faut être précis : aucun bâtiment n'est encore sorti de terre.
La pharmacie, la salle de soins, le petit laboratoire, les espaces de formation et le lieu où nous aimerions un jour vivre ensemble sont encore sur les plans. Je voudrais parfois que les choses aillent dix fois plus vite. La réalité, elle, nous rappelle qu'un projet comme celui-ci se construit étape après étape, avec les moyens dont nous disposons. Malgré tout, le mur est là, le terrain prend forme et chaque petite avancée compte.
Je vais aussi vous confier quelque chose de moins facile à écrire. Il m'arrive de me sentir très seul à porter tout cela. Pas parce que je travaille sans équipe, loin de là. Nos collègues indonésiens sont indispensables. Les bénévoles et nos amis nous aident, et Ayu tient une place immense dans ce travail comme dans ma vie. Elle dirige Kawan Baik Indonesia, que nous avons fondée ensemble en 2019. Sans elle, rien n'aurait la même force. Mais entre la coordination des soins, les projets, les questions techniques, les financements et les décisions à prendre, j'ai souvent le sentiment que la responsabilité de faire avancer l'ensemble repose sur très peu d'épaules.
Et oui, cela a un prix physique et mental. À soixante ans, après presque vingt ans de terrain, je ne regrette pas ce choix de vie. Mais trouver l'énergie de recommencer chaque jour n'est pas toujours évident. J'essaie de rester solide, de prendre les décisions nécessaires et d'avancer. Certains jours, j'y arrive mieux que d'autres. Je préfère vous le dire plutôt que de ne partager que les photos où tout semble bien se passer.
Les incertitudes financières n'aident pas. Les besoins augmentent, les médicaments coûtent cher, les déplacements se multiplient, tandis que les aides deviennent parfois plus petites ou moins régulières. Je sais que la vie est plus compliquée aussi pour beaucoup de nos amis et donateurs. Je sais que chacun fait aussi face à ses propres difficultés. Je suis profondément reconnaissant à celles et ceux qui continuent de nous accompagner avec leurs propres moyens. Je me demande surtout comment donner à la fondation des bases suffisamment solides pour continuer, sans devoir toujours demander davantage aux mêmes personnes.
Au milieu de tout cela, un dessin découvert il y a quelques semaines continue de me faire réfléchir : |