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Quand tout arrive en même temps
👋 Hello, c’est Alex. Comment allez-vous ?
Je vous écris depuis Rumah Kambera 1.0, notre base actuelle à Sumba Est. Autour de nous, il y a des cartons partout. Des médicaments, du matériel médical, des sacs Kawan Sehat, du Sika pour les réservoirs, des outils, des câbles, des générateurs, des ordinateurs, des listes à vérifier. Le Truck n’Load est rentré de Surabaya chargé comme rarement avec plus de 3 tonnes de matériel divers.
Quand on ouvre ces cartons, on ne voit pas seulement du matériel. On voit déjà les patients qui en auront besoin. Un gosse avec de la fièvre depuis trois jours. Une plaie au pied devenue sale parce qu’il n’y avait pas d’eau propre pour la laver. Une brûlure infectée. Une diarrhée qui épuise un bébé. Une toux qui dure trop longtemps. Une infection de la peau qui aurait dû rester simple, mais qui ici peut devenir grave parce que la route, l’argent, le temps et la peur en retardent tout.
C’est ce que nous voyons de plus en plus: des maladies d’un autre temps, liées à la pauvreté, à l’eau impropre, aux déchets, aux retards de soins, à l’absence de transport et, parfois, simplement au fait que personne n’était là au bon moment.
Du 15 au 17 juillet, nous allons former huit nouvelles personnes dans le cadre du programme Kawan Sehat, dont un deuxième homme. Nous remercions infiniment le Rotary, qui participe en partie à cette formation. Avec ces nouveaux agents, nous allons assurément dépasser 1 200 - 1 500 patients par mois.
C’est une bonne nouvelle, mais c’est aussi une immense responsabilité: plus de patients signifient plus de médicaments, plus de suivi, plus de contrôles médicaux, plus de coordination et plus de présence dans les villages.
L’étude sur le sepsis avance elle aussi.
Nous avons dépassé les 600 interviews. Les équipes vont de maison en maison, parfois très loin, pour comprendre pourquoi une infection simple tue encore ici. Pourquoi les gens attendent-ils? Pourquoi ne reconnaissent-ils pas les signes? Pourquoi l’hôpital arrive-t-il trop tard?
Nous voulons terminer cette phase à la fin du mois de juillet. Ce n’est pas une étude faite pour remplir des dossiers. C’est une étude visant à éviter des morts évitables.
En même temps, l’eau progresse.
Deux nouveaux réservoirs de 5 300 litres ont été mis en service. Nous aimerions encore en construire douze cette année.
Quatre sont financés. Il nous manque donc le financement pour huit réservoirs. Huit réservoirs, c’est près de 300 à 400 personnes qui peuvent boire, se laver les plaies, cuisiner, se laver, garder les enfants à l’école et tomber moins souvent malades.
Un réservoir coûte CHF 2’245, y compris le système de filtration et le travail local. Ici, ce n’est pas du béton. C’est de la santé publique.
La semaine dernière, avec Kawan Baik Indonesia et les autorités de Sumba Est, nous avons également renouvelé notre accord de partenariat pour les cinq prochaines années. Santé, eau, électricité, infrastructures: nous allons continuer ensemble.
C’est important. Cela montre que notre travail est reconnu, attendu et nécessaire. Mais un accord ne remplit pas une pharmacie. Il ne construit pas de réservoir. Il ne forme pas d’agentes. Il faut ensuite le faire, jour après jour.
Et au milieu de tout cela, il y a Rumah Kambera 2.0. À la fin de l’année, nous devons quitter cette base que nous occupons depuis presque six ans. Le terrain est là. L’eau est là. Les plans sont là. Mais les travaux n’ont pas encore commencé, faute de fonds suffisants.
Et cela nous met vraiment sous pression. Parce que sans base solide, tout devient plus fragile: les médicaments, les formations, les camions, les départs vers les villages, les urgences, les stocks, les équipes.
Un ami cher m'a rappelé une belle phrase d'Elie Wiesel : "Tous les fleuves vont à la mer, et pourtant la mer n’est jamais remplie."
Elle parle de ce qui continue, de ce qui revient, de ce qui ne s’arrête pas. Les besoins arrivent aussi comme cela. Mais contrairement à la mer, nous ne pouvons pas rester pleins par nous-mêmes. Nous tenons parce que des personnes nous aident à tenir.
Merci d’être là. Votre soutien devient ici quelque chose de très concret: un médicament donné au bon moment, un réservoir qui se remplit, une agente formée, un camion qui repart, une base qui pourra peut-être, avec votre aide, tenir debout avant la fin de l’année.
Alex, pour Fair Future, depuis Sumba Est - Nous sommes le vendredi 10 juillet 2026 |