|
Une lettre de la maison, entre deux routes

👋 Hello les amis et la famille,
On vous écrit depuis un drôle d’endroit, quelque part entre Sumba, Java, un ferry, un garage, une pharmacie et un camion beaucoup trop chargé. Ces dernières semaines, notre petite vie à trois a encore pris la forme d’une route, avec Ayu, Sorai et moi au milieu de tout cela, entre poussière, chaleur, médicaments, réparations et quelques moments très doux aussi.
Ces dernières semaines ont été intenses. Nous avons pris la route jusqu’à Surabaya avec le Truck n’Load, notre gros camion de terrain. Deux jours et demi de ferry, puis les routes de Java, les garages, les générateurs à réparer, les achats de médicaments, le matériel médical, les sacs de construction, et cette impression étrange de transporter un peu de tout ce qui permet à la fondation de continuer de fonctionner.
Mais cette fois, nous n’étions pas seuls. Sorai était avec nous. À six mois, le 28 juin qui vient, après avoir déjà sillonné Sumba, fait de l’off-road, dormi à la rude, il a passé dix jours dans un camion de six tonnes, bien installé dans son siège de bébé dans la cabine avant, comme un tout petit camionneur. Il a connu la chaleur, les vibrations, les pauses imprévues, les ferries, les visages inconnus qui sourient en le voyant, et les longues heures où l’on avance lentement parce qu’ici, rien ne va vraiment vite.
Pour nous, c’était quelque chose de fort. La fondation fait pleinement partie de notre vie, mais aussi de notre famille. Sorai grandit au milieu de tout cela: les routes cassées, les villages, les patients, les réservoirs d’eau, les médicaments, les équipes, les nuits courtes et les journées pleines de poussière. Ce n’est pas une enfance très classique, mais c’est une enfance entourée de sens, de gens, de gestes utiles.
Ayu a été incroyable, comme toujours. Calme, solide, présente. Moi, j’ai conduit, organisé, porté, cherché des pièces, négocié, transpiré, râlé un peu aussi, forcément. Et Sorai, lui, a regardé le monde passer par la fenêtre du camion. Et le plus drôle, quand le camion n'avance plus, il « fait la gueule », comme on dit.
Nous sommes bien fatigués, c’est vrai, mais heureux. Parfois inquiets aussi, parce que les besoins sont immenses et que les moyens restent fragiles. Puis il y a ces moments simples où l’on se dit que, malgré tout, nous sommes exactement là où nous devons être. Le 1er juillet, nous reprendrons la route vers Sumba: deux jours et demi de route, de ferry improbable, de chaleur étouffante, d’attente et de prises de tête, de pauses thé et de nasi goreng, et de nuits bien trop courtes.
Dans le camion, il y aura plus de trois tonnes de matériel: des générateurs réparés, du ciment, du Sika 107 pour les réservoirs, des médicaments, deux ordinateurs, des affiches éducatives, des outils, de l'essence, une bétonnière de 400 kilos, de la nourriture saine et mille petites choses utiles pour continuer là-bas. Et au milieu de tout cela, il y aura nous trois. Une petite famille dans un gros camion, qui rentre à la maison avec de quoi soigner, construire et tenir encore un peu.
Merci d’être là, de loin ou de près. Vos messages, vos pensées, vos nouvelles aussi, nous font du bien.
❤︎ Avec toute notre affection depuis Sumba,
Alex, Ayu et Sorai. Nous sommes le jeudi 25 juin 2026 |