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Là où les routes s'arrêtent, notre travail continue
👋 Hello, c’est Alex. Comment allez-vous ?
Ces dix derniers jours, nous avons construit, soigné, enquêté et réparé, loin des routes et de l’électricité.
À Rumah Kambera 2.0, les travaux ont commencé. Le terrain est acheté et légalisé. Nous construisons près de 300 mètres de mur en pierre sur trois côtés du site, hauts de 1,20 mètres et larges de 30 centimètres. Les fondations, adaptées aux pluies et aux inondations, atteignent par endroits 75 centimètres de profondeur.
Huit ouvriers vivent sur le chantier, dorment sous une bâche et travaillent avec un générateur. Le puits leur fournit déjà l’eau et l’électricité devrait arriver dans deux semaines. Pour permettre le raccordement, nous construisons une structure de quatre mètres sur cinq, en bois de mahoni et couverte d’alang-alang. Ce sera la première construction du centre, un lieu sec où manger et se reposer, puis déplacée et conservée.
Nous proposons ce nom : « Rumah Kambera, Health and Community Centre », proposé par la Fair Future Foundation. Mais nous aimerions entendre vos idées. Un tel lieu se construit avec des pierres, mais aussi avec une vision partagée.
Le 1er août, jour de la fête nationale suisse, nous avons choisi une autre manière de célébrer : partir soigner. Il nous a fallu plus de six heures pour atteindre Kampung Madu Tolung, à Kambata Bundung, dans le district de Kahaungu Eti.
Les pistes ont endommagé nos deux camions : une galerie cassée sur le Truck of Life et probablement une suspension sur le Truck n’Load.
Nous avons pris en charge un peu plus de 110 personnes, dont beaucoup d’enfants. Consultations, médicaments, évaluation nutritionnelle, vitamines et prévention du paludisme, de l’alcool, du VIH, de l’alimentation et de l’hygiène. Nous avons réalisé de nombreux examens sanguins pour la glycémie, le cholestérol, l’acide urique et le paludisme, avec lecture microscopique lorsque possible.
Nous avons surtout observé des infections respiratoires, des maladies de la peau, des blessures non soignées et de la malnutrition.
Une telle journée coûte environ 900 francs suisses.
Cela couvre les médicaments, les examens, les équipes, les véhicules et la logistique nécessaires pour traiter entre 100 et 200 personnes.
La Fondation n'a jamais reçu de financement du gouvernement suisse. Notre histoire a commencé sur le terrain en 2006 et Fair Future Foundation a été créée en Suisse en 2008. Ça fait un bail quand même, non?
Associer cette journée au 1er août rappelait simplement d’où je viens et la responsabilité que je porte ici avec la Fondation Suisse Fair Future.
Water Connections continue. Grâce à un financement de CHf. 10 000, quatre nouveaux réservoirs de 5 300 litres seront construits à Mbatapuhu.
Chacun coûte 2 245 francs et améliore la vie d’au moins trois familles. Nos équipes resteront sur place et construiront avec les villageois.
À Hudumburung, nous avons amélioré les deux derniers réservoirs en installant des bacs en béton munis de robinets raccordés directement aux réservoirs, afin de garantir l’hygiène et d’éviter les eaux stagnantes propices aux moustiques et au paludisme. Construire ne suffit pas. Il faut observer, corriger et améliorer.
Notre étude sur le sepsis approche des 1 000 maisons. Il ne reste qu’un village, Napu. Plus de trois mois de travail, maison après maison.
La semaine dernière, nous avons présenté les premiers résultats à une dizaine de médecins partenaires. Lors de cette réunion, plusieurs médecins nous ont expliqué avoir reçu de leur administration hospitalière la consigne d'enregistrer les cas diagnostiqués comme sepsis ou septicémie sous un autre diagnostic.
La raison est financière : lorsqu’un cas est déclaré comme un sepsis, l’établissement ne reçoit pas de remboursement de la part de l’État. Cette pratique fausse évidemment les statistiques et rend beaucoup plus difficile l’évaluation réelle de l’ampleur du problème, ainsi que sa prévention et sa prise en charge.
Le programme Primary Medical Care compte désormais 28 agents Kawan Sehat. Ils sont bénévoles. La Fondation paie leur connexion Internet afin qu’ils puissent documenter les cas et demander un avis lorsqu’ils ont du réseau. Les nouveaux agents figurent déjà parmi les plus actifs, et le nombre de patients augmente fortement.
Ce programme fonctionne parce qu’il est local, structuré et humain. Il ne doit pas s’arrêter.
Le 2 août, notre Conseil a approuvé les comptes annuels, contrôlés par le même réviseur agréé qui nous accompagne depuis nos débuts. Notre modèle reste léger : aucun poste de salarié suisse ni d’expatrié, et des équipes rémunérées localement. Selon les comptes approuvés, 98,3 % des fonds sont investis directement sur le terrain. Cent francs se consacrent presque entièrement à des médicaments, du carburant, des matériaux, de l’eau et des soins.
Nous lançons également une campagne d’encouragement au dépistage du VIH. Ici, les cas augmentent et des enfants naissent encore porteurs du virus. Dépister tôt, traiter tôt et prévenir la transmission de la mère à l’enfant sont essentiels.
Nos programmes fonctionnent. La vraie question est de savoir si nous aurons suffisamment de médicaments, de carburant et de matériaux pour les maintenir. Nous avons besoin d’environ 1 000 francs de médicaments génériques par mois, soit trois ou quatre conteneurs de 120 litres de traitements essentiels.
Nous continuons parce que chaque jour, quelqu’un attend un soin, un réservoir ou simplement une présence. Notre travail tient en une phrase : ne laisser personne derrière.
Alex, pour Fair Future, depuis Sumba Est - Nous sommes le 7 août 2026 |