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Apprendre, marcher, soigner, bâtir
👋 Hello, c’est Alex. Comment allez-vous ?
Ces deux dernières semaines ont été denses, comme souvent ici. Nous avons formé, soigné, marché, compté, conçu des questionnaires, déplacé des médicaments et, enfin, décidé de commencer les premiers travaux de Rumah Kambera 2.0.
Du 15 au 17 juillet, huit nouveaux agents de santé Kawan Sehat ont suivi trois jours de formation intensive. Puis nous avons réuni toute l’équipe, soit 28 personnes, pour une journée complète de rafraîchissement. Nous avons repris les 14 modules de notre ouvrage, les protocoles de soins, l’examen d’un patient, les signes de danger, les médicaments, la communication avec les familles, les blessures, les infections, les posters de prévention et les critères de référence vers un centre de santé.
Il y a eu de la théorie, beaucoup de pratique, des évaluations, des questions, parfois des hésitations, puis des gestes plus sûrs. Nous avons également redistribué un stock très important de médicaments et remis du nouveau matériel, un nouveau poster en tissu (celui concernant le VIH), de nouveaux tensiomètres. Chaque participant a reçu son certificat. C’était notre quatrième grande session de formation, en plus du suivi individuel réalisé dans les villages, généralement tous les trois mois.
En parallèle, nous reconstruisons entièrement l’application Kawan Sehat 2026. Le nouveau parcours commence désormais par les signes de danger. Ensuite seulement viennent les informations générales, les symptômes, les modules cliniques liés et la décision finale: soins habituels, avis rapide, urgence ou évacuation immédiate. La nouvelle structure évite les répétitions dans la base de données, sans supprimer aucune vérification clinique. L’application sera plus claire et plus rapide à utiliser, mais tout aussi rigoureuse. Cette application enregistre près de mille patients par mois, et ce nombre va encore augmenter avec les nouvelles agentes.
Pour Water Connections, la situation est plus frustrante. Nous voulions construire près de quinze nouveaux réservoirs cette année. Faute de financements, seuls quatre sont actuellement planifiés. Nous avançons donc autrement.
Nous préparons une cartographie précise des besoins en eau propre et en installations sanitaires à Sumba Est. Nous ne demanderons pas aux familles si elles veulent un forage ou un réservoir. Nous leur demanderons ce qu’elles vivent: la distance jusqu’à l’eau, le temps perdu, sa qualité, son coût, les périodes de pénurie, les maladies et l’absence de toilettes. Les solutions viendront ensuite, sur la base de problèmes réels et mesurés. Les autorités soutiennent cette démarche. Il nous faut maintenant trouver un partenaire solide capable de la poursuivre avec nous.
Notre étude sur le sepsis avance, lentement mais sûrement. Près de 750 maisons ont déjà été visitées, sur un objectif porté de 600 à 1 000. Une méta-analyse indonésienne publiée cette année, fondée sur 47 études hospitalières, estime la mortalité à 28 jours à 55,9 %, la mortalité hospitalière à 67,4 %, et celle du choc septique à 77,5 %. Ces chiffres doivent être lus avec prudence, car les études sont très diverses et proviennent surtout de grands hôpitaux. Mais ils restent terribles.
Notre travail pose une autre question: que se passe-t-il avant l’hôpital, chez les familles qui n’y arrivent jamais ?
Il y a deux jours, pendant une visite, j’ai rencontré un homme de 35 ans venu parler d’une brûlure à la jambe. La brûlure était réelle, mais limitée. Ce qui m’inquiétait, c’était son état général: sa couleur, sa respiration, son épuisement. J’ai craint un problème bien plus grave, peut-être hépatique, respiratoire ou cardiaque.

Nous avons essayé de le convaincre de se faire examiner.
À ce jour, il n’y est toujours pas allé. Le centre est trop loin, le chemin trop mauvais, l’argent manque, et la maladie a fini par devenir une sorte de normalité. Quand on n’a jamais eu d’accès réel aux soins, on ne sait plus toujours quel signal du corps doit faire peur.
Enfin, nous avons décidé de commencer quelque chose sur le terrain de Rumah Kambera 2.0. À ce jour, 33 000 francs suisses ont été collectés. Ce n’est pas suffisant pour construire le centre, mais c’est suffisant pour commencer à agir.

Nous allons délimiter le terrain par un mur simple en pierres des montagnes, avec des fondations, préparer les évacuations des eaux de pluie, niveler les zones basses avec de la terre et du calcaire, puis commencer une première construction sans compromettre l’ensemble du projet. Ici, avant de bâtir des murs, il faut d’abord empêcher l’eau de les emporter.
Nous avons encore besoin d’aide pour construire ce futur centre sociomédical. Mais cette semaine, pour la première fois, nous avons décidé de poser de vraies pierres sur ce terrain. C’est modeste. C’est concret. Et c’est ainsi que nous avançons.
Merci d’être là, de lire, de comprendre et de rester à nos côtés.
Alex, pour Fair Future, depuis Sumba Est - Nous sommes le 22 juillet 2026 |