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Un centre à bâtir, des vies à protéger
👋 Hello, c’est Alex. Comment allez-vous ?
Je vous écris depuis Sumba Est, après trois semaines sans vous envoyer de lettre. Pas parce qu’il ne s’est rien passé. Plutôt parce qu’il s’est passé trop de choses, et que les journées n’ont toujours que 24 heures. C’est une erreur de fabrication assez regrettable, je trouve.
Aujourd’hui, 4 juin 2026, notre grande étude sur la septicémie a commencé sur le terrain. Les premières interviews ont eu lieu ce matin dans les villages, et tout s’est très bien passé. Après presque trois mois de préparation, quatre jours de formation, des tests, des corrections et beaucoup de café (thé pour moi), nous sommes enfin dans les maisons, avec les familles, à écouter ce qu’elles vivent tous les jours.
Cette étude mobilise environ quarante personnes, dont une vingtaine sur le terrain pendant deux mois. Elles vont visiter 600+ foyers et poser 60 questions à chaque famille. Ce sont beaucoup de chiffres, mais derrière eux, il y a surtout des histoires très concrètes : une fièvre qui dure, une plaie qui s’infecte, un transport impossible, un traitement commencé trop tard, un centre de santé trop loin.
Le sepsis (septicémie), ici, n’est pas un mot compliqué réservé aux hôpitaux. C’est souvent la fin silencieuse d’une infection simple, mal soignée ou soignée trop tard. Notre objectif est clair : comprendre pourquoi les gens arrivent trop tard, où surviennent les retards, et ce que nous pouvons changer avant qu’une infection évitable ne devienne mortelle.
Pendant ce temps, sur une colline sèche, nous terminons le premier réservoir de notre nouveau modèle. 5 300 litres, 2,12 mètres de diamètre, 1,50 mètre de hauteur. Plus bas, plus large, plus facile à construire, à nettoyer et à réparer. Il nous a fallu environ dix jours. La semaine prochaine, nous commencerons le deuxième réservoir, destiné à une école qui n’a pas accès à l’eau. Pour les enfants et les enseignants, ce sera moins de fatigue, plus d’hygiène et moins de maladies liées à l’eau sale.
Nous devons encore construire au moins une douzaine de réservoirs. Aujourd’hui, seuls deux sont financés. Un réservoir coûte 2’245 francs suisses. Ce n’est pas une idée abstraite : c’est du ciment, du fer, du sable, du transport, du travail, et au bout, de l’eau propre pour des familles qui n’en ont pas.
Le programme Primary Medical Care continue aussi, avec toujours plus de patients. Les familles sont plus pauvres, les villages reçoivent moins, les gens mangent moins bien, attendent plus longtemps et achètent parfois des médicaments au hasard. Nos agents de santé Kawan Sehat voient cela chaque semaine : plus de fièvres, plus de plaies infectées, plus d’enfants faibles, plus de patients qui arrivent alors que le problème est déjà grave.
Et pour soigner, il faut des médicaments. Pas de promesses. Des antibiotiques, des tests, des pansements, des traitements contre la fièvre, le paludisme, les infections et la douleur. Les besoins augmentent, mais les fonds diminuent. C’est difficile à écrire, mais c’est la vérité.
Cette semaine, nous avons également reçu les plans finalisés de Rumah Kambera 2.0, notre futur centre socio-médical. Un centre médical, un laboratoire, une pharmacie, des espaces de formation, une bibliothèque, une cuisine communautaire, des logements pour les volontaires, le staff et nos invités, des ateliers et des zones de stockage. Ce ne sont pas de jolis dessins pour décorer une newsletter. Ce sont les plans dont nous avons besoin pour continuer à travailler correctement.
Rumah Kambera 2.0 est aujourd’hui notre priorité absolue. Dans environ six mois, nous devrons quitter le lieu où nous travaillons actuellement. Si nous n’avons pas de base prête, tout devient fragile : les médicaments, les formations, les patients, les équipes, les camions, les départs vers les villages.
Samedi, nous partons aussi vers Surabaya avec le Truck n’Load, trois jours de ferry, deux générateurs de 5’000 watts et deux de 2’000 watts, tous cassés après des années de terrain. On va essayer de les réparer. Ici, même les générateurs finissent par demander un arrêt maladie.
Voilà où nous en sommes : une étude médicale qui a commencé, des réservoirs à construire, des patients toujours plus nombreux, des médicaments à renouveler, et un centre à bâtir avant de devoir partir.
Merci d’être là, de lire, de partager et de soutenir quand vous le pouvez. Ici, chaque franc devient quelque chose de précis : un médicament, un test, un sac de ciment, un litre d’eau propre, une journée de formation, un trajet vers un village isolé.
On continue. Parce que les villages, eux, ne peuvent pas attendre.
Alex, pour Fair Future - Nous sommes le vendredi 5 juin 2026 |