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Là où soigner commence bien avant l’hôpital
👋 Hello, c’est Alex. Comment allez-vous ?
Je vous écris ce matin depuis Rumah Kambera, notre ancienne base à Sumba. C’est un lieu que nous aimons profondément. Des milliers de médicaments y sont passés, des réunions importantes y ont eu lieu, des formations y ont été organisées, et beaucoup de décisions de terrain y sont nées.
Mais Rumah Kambera vieillit mal. Le bâtiment que nous louons tombe peu à peu en ruine et ne correspond plus à l’ampleur de ce que nous faisons aujourd’hui. C’est aussi pour cela que nous devons avancer vers Rumah Kambera 2.0, un centre socio-médical plus solide, plus utile et mieux conçu pour les années à venir.
Cette semaine sera, une fois encore, très chargée. Nous partons pour compléter les stocks de médicaments de nos agentes de santé dans une quinzaine de zones. Nous irons les retrouver là où elles travaillent, revoir les cas difficiles, répondre à leurs questions, vérifier les traitements, les besoins et les stocks et rencontrer aussi les responsables locaux ainsi que les centres de soins qui coordonnent une partie du travail. Ces centres n’ont souvent presque plus rien à donner à leurs patients. Alors ils comptent de plus en plus sur les agentes Kawan Sehat de notre programme Primary Medical Care. Ce n’est pas ainsi que les choses devraient fonctionner, mais c’est la réalité que nous rencontrons chaque jour.

Ici, le travail ne s’arrête jamais vraiment. Même un dimanche, il faut répondre, soigner, conseiller, organiser, anticiper. Nos semaines sont longues, chargées, parfois éprouvantes, mais aussi pleines de sens. Derrière chaque trajet, chaque réunion, chaque caisse de médicaments, il y a des familles qui attendent quelque chose de simple et d’essentiel: une présence, un soin, une explication, une chance de ne pas arriver trop tard.
Et les maladies, elles, ne ralentissent pas. Nous continuons à constater de nombreux cas de paludisme, de tuberculose, de polio et d’infections liées à la pauvreté, à l’eau insalubre, à l’hygiène difficile et au manque d’accès aux soins. Nous parlons aussi davantage du VIH, car les chiffres augmentent fortement dans notre région et qu’il faut agir avec sérieux, par la prévention, l’information et le dépistage. Nos campagnes, nos posters, nos formations et le travail quotidien de nos équipes servent à cela: expliquer, prévenir, agir avant qu’il ne soit trop tard.
Les derniers articles publiés sur notre site parlent précisément d’ailleurs de cette réalité. La leptospirose, la douleur laissée sans traitement, l’effondrement de certains financements mondiaux, la santé globale et la septicémie. Rien de tout cela n’est théorique pour nous. Nous rencontrons ces situations sur le terrain. Une infection mal soignée, une douleur ignorée, l’absence de transport, d’eau potable ou de médicaments, et soudain une situation simple devient une urgence vitale. C’est aussi pour cela que notre étude sur la septicémie est si importante. Elle doit nous aider à comprendre plus finement comment une infection banale devient mortelle, et comment agir plus tôt, plus justement, plus efficacement.
En parallèle, nous continuons à construire. Ou du moins, nous essayons. Cette année, nous devons financer de nouveaux réservoirs d’eau.

Pour le moment, aucun n’a encore pu être financé. C’est terrible et, franchement, assez inédit pour nous. Pourtant ici, l’eau propre n’est pas un confort. C’est la base de tout: boire, cuisiner, se laver, nettoyer une plaie, prévenir des maladies. Pour Rumah Kambera 2.0, nous avons déjà pu réunir 10 000 francs suisses grâce à un don privé, et nous en sommes profondément reconnaissants. Merci, vraiment.
Du 17 au 23 avril, nous accueillerons également nos amis du Rotary International. Ils viendront travailler avec nous sur le terrain, pour voir ce qui a été accompli ensemble et ce qu’il reste à construire. Ces liens fidèles comptent beaucoup. Ils nous permettent d’avancer concrètement, sans grands discours inutiles.
Merci d’être là, de nous lire et de continuer à vous intéresser à ce travail. Cette lettre n’est pas là pour embellir la réalité. Elle est là pour la partager telle qu’elle est: exigeante, parfois dure, mais profondément utile, vivante et portée chaque jour par des femmes et des hommes qui refusent d’abandonner.
Alex, pour Fair Future - Nous sommes le dimanche 12 avril 2026 |